Si vous montez des groupes, vous les remplissez déjà : ces formulaires de compagnies aériennes, de tour-opérateurs ou de croisiéristes qui réclament, pour chaque voyageur, le nom exact, la date de naissance, la nationalité et le numéro de passeport. Derrière ces demandes se cache un sigle : APIS. Voici ce qu'il recouvre, ce que l'Europe vient d'y changer, et ce que cela implique concrètement pour une agence.
APIS, API : de quoi parle-t-on ?
Les informations préalables sur les passagers (API, pour Advance Passenger Information ; APIS désigne le système qui les traite) sont les données biographiques que les transporteurs doivent transmettre aux autorités avant le voyage : nom et prénom, date de naissance, nationalité, type et numéro du document de voyage, complétés d'informations sur le vol. En pratique, ces données correspondent à ce que contient la bande MRZ — les deux lignes de caractères au bas du passeport ou de la carte d'identité. Elles se distinguent du PNR, le dossier de réservation, plus large.
De nombreuses destinations l'exigent en amont — les États-Unis en ont fait un pilier de leur contrôle aux frontières — et l'Union européenne dispose de son propre cadre depuis 2004.
Ce que l'Europe vient de changer
Deux règlements européens, adoptés le 19 décembre 2024 et entrés en vigueur le 28 janvier 2025, remplacent progressivement la directive de 2004 : le règlement (UE) 2025/12 pour les contrôles aux frontières extérieures et le règlement (UE) 2025/13 pour la lutte contre la criminalité grave. Leur application complète s'étalera sur plusieurs années, le temps de mettre en service le « routeur » central européen géré par l'agence eu-LISA, qui remplacera les connexions multiples entre compagnies et autorités nationales.
Un point de ces textes mérite l'attention de toute la chaîne du voyage : les compagnies devront recueillir les données API par des moyens automatisés, en lisant la zone MRZ du document — la saisie manuelle étant reléguée au rang d'exception, précisément parce qu'elle est reconnue comme une source d'erreurs. Autrement dit, le législateur européen a inscrit dans le droit ce que les agences constatent depuis toujours : recopier un passeport à la main, c'est prendre le risque de se tromper.
Et l'agence, dans tout ça ?
Soyons précis, car le sujet prête à confusion : l'obligation légale de transmettre les données API aux autorités pèse sur les transporteurs, pas sur les agences. Mais dans la vie réelle d'un dossier groupe, c'est l'agence qui se trouve en première ligne : c'est elle qui collecte les passeports de 30 ou 40 participants, elle qui remplit les formulaires APIS des compagnies, les manifestes des croisiéristes, les rooming lists des réceptifs, les demandes d'autorisation de voyage.
Et c'est donc elle qui porte, de fait, le risque opérationnel : une donnée erronée transmise en amont, c'est un passager signalé en anomalie, un enregistrement bloqué, une correction de dernière minute — parfois payante, toujours stressante — voire un refus d'embarquement. Sur un groupe, l'erreur d'un seul dossier peut retarder tout le monde.
Quatre bonnes pratiques pour des dossiers irréprochables
- Collecter tôt, et collecter le document — pas un formulaire recopié. Demandez la photo ou le scan du passeport lui-même : un client qui recopie ses propres informations introduit déjà des erreurs (accents, noms composés, deuxième prénom oublié).
- Faire de la MRZ la source de vérité. C'est elle que liront les systèmes des compagnies et des frontières ; c'est donc d'elle que doivent venir vos données, pas de la zone « lisible » du document, dont l'orthographe peut différer subtilement.
- Vérifier la concordance billet / document. Le nom du billet doit correspondre exactement à celui du passeport — c'est la première cause de blocage à l'enregistrement.
- Rester carré côté RGPD. Collecter des pièces d'identité impose la minimisation : ne demander que le nécessaire, sécuriser les échanges (évitez l'email non protégé), et ne pas conserver les copies au-delà du besoin. Notre checklist RGPD résume l'essentiel.
Où ScanID s'inscrit — et où il ne s'inscrit pas
ScanID ne transmet rien aux autorités : ce rôle appartient aux transporteurs. Son travail se situe juste avant, là où naissent les erreurs : vous importez les passeports et cartes d'identité françaises de votre groupe, le moteur lit la MRZ et vous restitue un fichier Excel/CSV exact, prêt à alimenter vos formulaires APIS, vos rooming lists et vos manifestes — sans une seule recopie manuelle. Les documents ne sont jamais stockés : traités en mémoire, puis détruits.
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